Depuis trois ans, les cours de la vanille sont en dents de scie avec un impact plus ou moins important à Madagascar, le principal producteur de vanille au Monde. Pour l'instant !.

La Grande Ile produit environ les 2/3 de la vanille mondiale.

En mars 2000, un cyclone (Hudah !) avait ravagé près de 35% des plantations de la SAVA (région situé au nord-est de Madagascar). A cette époque la vanille était devenue si rare sur les marchés que son prix était monté à 530€ le kilo, avant de retomber à 40€ en 2004.

Depuis, les cours de la vanille ont de nouveau explosé, passant de 65€ le kilo en 2014 à 205€ en 2015.

Au début de l'année 2017 le kilo de vanille se négociait aux environs de 284€, soit autour de 1 million d'Ariary, la monnaie locale !.

Ces fluctuations importantes ont plusieurs raisons.

- La 1ère provient de la pénurie du début des années 2000, qui a poussé les industriels occidentaux, notamment les USA 1er importateur, à faire des stocks.

- La 2ème vient du développement de la vanille de synthèse. (voir)

- La 3ème est lié à la "richesse" parfois temporaire que son commerce a créé au niveau des populations locales. Depuis l'interdiction de l'exportation officielle du Bois de Rose en provenance de la même région, les trafiquants de bois ont eux aussi constitué des stocks, qu'ils revendent en fonction des cours pour blanchir l'argent de leur trafic.

- La 4ème, c'est le passage du cyclone Ewano en mars 2017, qui a détruit plus de 25% des récoltes.

- La 5ème, et pour moi celle que les malgaches ont le plus à redouter, c'est le développement de la culture des vanilliers dans d'autres régions du Monde.

En effet, le niveau très bas des salaires à Madagascar était un avantage certain, pour cette culture qui réclame beaucoup de main d'oeuvre, mais des pays comme l'Inde, l'Indonésie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Viet-Nam et même Tahiti, ont massivement planté des pieds de vanilliers depuis la remontée des cours.

Cette production sera sur les marchés dans les toutes prochaines années !. Il faut 3 ans pour que les pieds arrivent à maturité !.

Le gros handicap de la vanille de Madagascar, c'est la grande opacité et la désorganisation de sa culture dans ce pays qui ne l'utilise pas dans son alimentation de base et qui ne la transforme pas sur place, ce qui n'entraine pas de plus-value locale. C'est l'insécurité qui règne sur l'ensemble de l'Ile Rouge. C'est le fait que les cultivateurs récoltent prématurément les gousses par crainte des vols sur pieds. C'est le fait de "mettre sous vide" un produit immature au détriment de sa qualité, obligeant les industriels à acheter de plus grande quantité de produit.

Si les malgaches (et surtout leur gouvernement !) ne s'organisent pas pour mieux gérer la production et la commercialisation de leur vanille, que les spécialistes considèrent encore comme la meilleure, ils risquent de voir disparaître rapidement cette manne financière que représente la petite gousse "d'or végétal" !.

 

Pour en savoir plus sur la vanille voir !.